Nouvelles du Pen Duick VI en date du 12 décembre 2008
Bonjour à tous!
A force de labourer les océans à bord de notre gros Pen Duick, la nature nous a rapellé cette nuit quelques principes élémentaires. Premièrement, ne jamais être trop tranquille, et ne jamais imaginer que dame nature se laissera faire indéfiniment. Deuxièmement, rester prudent, la mer a un côté fourbe, et sait s'associer à notre ami le vent pour tout faire basculer et nous rappeller qui est le maître.
Pourquoi ces petites réflexions me direz vous? Et bien c'est simple... Cette nuit, au lieu de récolter les fruits de notre dur labeur et de notre perpétuel labour sur les champs bosseléss de l'Atlantique (38tonnes lancées, quand même!), au lieu d'en récolter les fruits comme nous l'imaginions naïvement, c'est le grain qui nous a cueilli, se moquant bien des conventions!
Sentant le quart un peu fébrile, nous bondissons de nos banettes, mon ami Jacques et moi. Trois échanges de regard plus tard, c'est le Grand, heureux élu, qui enfile son ciré et monte sur le pont... Je patiente un peu dans le carré, histoire de voir comment vont tourner les évenements. Grand bien m'en a pris, puisqu'en moins d'une minute, mon camarade et co-skipper partait à l'abattée avec violence!
Le temps de rétablir le bateau, je fonce sur la drisse de grand voile et me retrouve perchée sur la bome dans une lutte deséspéée pour descendre madame la GV, fort décidée à rester en l'air. C'est finalement moi qui ai gagné, non sans efforts, et après quelques moments d'apesanteur quand la GV m'emportait vers le haut plus que je ne la ramenais vers le bas... Le calme relatif est immédiatement revenu sur le pont.
Sous des trombes d'eau, j'ai donc ensuite procédé au recensement des victimes : Basse filière cassée net, Charriot de GV sorti du rail, butée de charriot arrachée, et retenue de bôme disparue. Après avoir pansé les blessés et remis un peu d'ordre dans ce joyeux bazar, le bilan s'amoindrit : Basse filière HS, une vis cassée sur la butée, un réa disparu en mer (priez pour lui!), et le rail de fargue qui a rompu et donc sauvé la retenue de bôme (dieu le bénisse, sinon je crois qu'on y laissait au choix la bôme ou la grand voile!).
Vous imaginez bien que cela ne nous a pas coupé dans notre élan, et nous avons donc réparé tout ça et renvoyé ce matin. Stiren, je m'excuse, mais nous ne pouvons nous délester de notre vin, déjà que le grand me fait des pirouettes la nuit, si je le mets à l'eau on court à la catastrophe!!! Courage à Petite Lande et Faiaioahe...et à tous prudence! Le joli grain qui nous a secoué cette nuit soufflait tout de même à plus de 45kn...
Nous filons donc joyeusemet vers le Sud-Ouest depuis hier, à une vitesse convenable, et tentons désespéremment de faire sécher nos vêtements. Tu parles d'une météo...alisés??? On a plutôt l'impression d'êre punis...depuis le début, pas une soirée qui n'ait fini avec un ciré, pour cause de froid, ou de pluie...
Vivement le Ti-Punch! En tant que seule skipette de la course, et donc forcément la plus éxigeante et la plus pénible, je me demandais si j'avais le droit à une petite Pinacolada à l'arrivée?... ;-) Ca fait tout de même plus de 15 jours que je ne bois pas, il faut un démarrage en douceur!!!
Grosses bises et bon vent à tous!
Juliette
A force de labourer les océans à bord de notre gros Pen Duick, la nature nous a rapellé cette nuit quelques principes élémentaires. Premièrement, ne jamais être trop tranquille, et ne jamais imaginer que dame nature se laissera faire indéfiniment. Deuxièmement, rester prudent, la mer a un côté fourbe, et sait s'associer à notre ami le vent pour tout faire basculer et nous rappeller qui est le maître.
Pourquoi ces petites réflexions me direz vous? Et bien c'est simple... Cette nuit, au lieu de récolter les fruits de notre dur labeur et de notre perpétuel labour sur les champs bosseléss de l'Atlantique (38tonnes lancées, quand même!), au lieu d'en récolter les fruits comme nous l'imaginions naïvement, c'est le grain qui nous a cueilli, se moquant bien des conventions!
Sentant le quart un peu fébrile, nous bondissons de nos banettes, mon ami Jacques et moi. Trois échanges de regard plus tard, c'est le Grand, heureux élu, qui enfile son ciré et monte sur le pont... Je patiente un peu dans le carré, histoire de voir comment vont tourner les évenements. Grand bien m'en a pris, puisqu'en moins d'une minute, mon camarade et co-skipper partait à l'abattée avec violence!
Le temps de rétablir le bateau, je fonce sur la drisse de grand voile et me retrouve perchée sur la bome dans une lutte deséspéée pour descendre madame la GV, fort décidée à rester en l'air. C'est finalement moi qui ai gagné, non sans efforts, et après quelques moments d'apesanteur quand la GV m'emportait vers le haut plus que je ne la ramenais vers le bas... Le calme relatif est immédiatement revenu sur le pont.
Sous des trombes d'eau, j'ai donc ensuite procédé au recensement des victimes : Basse filière cassée net, Charriot de GV sorti du rail, butée de charriot arrachée, et retenue de bôme disparue. Après avoir pansé les blessés et remis un peu d'ordre dans ce joyeux bazar, le bilan s'amoindrit : Basse filière HS, une vis cassée sur la butée, un réa disparu en mer (priez pour lui!), et le rail de fargue qui a rompu et donc sauvé la retenue de bôme (dieu le bénisse, sinon je crois qu'on y laissait au choix la bôme ou la grand voile!).
Vous imaginez bien que cela ne nous a pas coupé dans notre élan, et nous avons donc réparé tout ça et renvoyé ce matin. Stiren, je m'excuse, mais nous ne pouvons nous délester de notre vin, déjà que le grand me fait des pirouettes la nuit, si je le mets à l'eau on court à la catastrophe!!! Courage à Petite Lande et Faiaioahe...et à tous prudence! Le joli grain qui nous a secoué cette nuit soufflait tout de même à plus de 45kn...
Nous filons donc joyeusemet vers le Sud-Ouest depuis hier, à une vitesse convenable, et tentons désespéremment de faire sécher nos vêtements. Tu parles d'une météo...alisés??? On a plutôt l'impression d'êre punis...depuis le début, pas une soirée qui n'ait fini avec un ciré, pour cause de froid, ou de pluie...
Vivement le Ti-Punch! En tant que seule skipette de la course, et donc forcément la plus éxigeante et la plus pénible, je me demandais si j'avais le droit à une petite Pinacolada à l'arrivée?... ;-) Ca fait tout de même plus de 15 jours que je ne bois pas, il faut un démarrage en douceur!!!
Grosses bises et bon vent à tous!
Juliette
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