Quand la fatigue s'impose, Jeanne Grégoire se livre
« La nuit dernière a été très sportive. C’est difficile à admettre, mais je suis sèche… Dans des moments comme ceux que nous vivons, il faut se battre, avoir la rage et j’avoue qu’actuellement je ne gère pas ça très bien. Je n’ai plus la force de le faire. Je me dis qu’au moindre vrac je n’arriverai pas à tenir ; du coup je lève un peu le pied. La nuit dernière, le vent rentrait par risées et je n’étais pas très sereine. C’est monté jusqu’à 47 nœuds dans les îles grecques. J’ai voulu tenter un coup. J’ai eu le temps d’envoyer le spi, j’ai pris trois vagues et le vent est monté entre 40 et 45 nœuds. Je me suis rarement sentie comme ça. Je n’ai plus de ressources et ça ne me ressemble pas. C’est le dernier gros morceau de la saison, je n’ai pas cassé grand-chose cette année et je ne veux rien casser du tout !
Il y a parfois des moments où on sent que le moindre vrac peut avoir des conséquences dramatiques. Ce n’est que du bateau ! Un bon hiver de repos et l’année prochaine c’est reparti ! »(ndlr : accident survenu à Christophe BOUVET – carnet de bord du samedi 27 septembre).
A moins de 100 milles de l’arrivée sur la petite île turque de Bozcaada, Jeanne Grégoire reste fidèle à sa ligne de conduite et malgré sa position, la fatigue et parfois la crainte du pire. Elle terminera en y mettant les formes. Pour l’amour de la navigation et du travail bien fait…
Source : BFBP